Peut-on sacrifier la loi pour sauver l’humanisme ?

La question surprend par les implications qu’elle peut suggérer mais elle se pose presque instantanément quand on voit le gouffre financier dont souffre la Cnas (Caisse Nationale d’Assurance des Salariés) et la cause principale qui l’a engendré. Depuis plusieurs années, les responsables de cette institution alertent sur l’utilisation abusive de la carte Chiffa permettant le remboursement des médicaments. Et, hélas, il s’avère que ce sont les médecins qui fraudent, pharmaciens en collaboration avec les malades qui traficotent avec la carte jusqu’à causer un gouffre financier qui met à mal la capacité de l’institution à remplir sa mission de payer les retraites.

Le débat s’accélère en sourdine mais il ne tardera pas à éclater au grand jour. Alors que la CNAS accuse sans le dire les pharmaciens et les médecins qui utilisent les cartes illégalement, ces derniers rétorquent que leur but est d’aider les malades qui n’ont pas accès à la carte ni aux prix des médicaments. Une personne au chômage sans ressources peut aller chez beaucoup de médecins et mettre l’ordonnance au nom d’un proche qui possède la carte Chiffa pour pouvoir accéder au médicament. La catastrophe se situe au niveau des malades chroniques et les retraités dont les cartes sont très utilisées dans ce qui s’apparente à une véritable entreprise de piratage qui gaspille l’argent de la CNAS. De leur coté, médecins et pharmaciens affirment que l’utilisation de cette formule illégale profite au malade sans ressources et qui n’est couvert par la CNAS. Sans le dire ces derniers suggèrent que c’est donc une action humanitaire.

Mais, une question éthique et philosophique doit avoir une réponse. Peut-on sacrifier la loi pour un but humanitaire ?

Par La rédaction de Tiwizi info