Interview avec le haut responsable à la coopération industrielle franco-algérienne

Les investisseurs de la wilaya de Tizi-Ouzou ont tout à gagner dans la démarche actuelle de Jean-Louis Levet, Haut responsable à la coopération industrielle Franco-algérienne. Il est avant tout porteur d’une nouvelle approche basée sur la co-innovation. « Nous sommes deux pays géographiquement situés face-à-face mais appelés à travailler cote-à-cote » Aime-t-il à dire. Présent à Tizi-Ouzou en mission d’établir des ponts entre les investisseurs locaux et les investisseurs français, Jean-Louis Levet a aimablement accepté de répondre aux questions d tiwiziinfo.com.

Tiwiziinfo.com : Vous revenez à Tizi-Ouzou après quelques mois de votre précédent passage. Où en êtes vous, concernant précisément Tizi-Ouzou, dans votre entreprise de construire des partenariats ?

Jean-Louis Levet : En Algérie, au cours de mes nombreuses missions, je découvre des territoires en mouvement, dont les acteurs  socio-économiques s’investissent dans leur développement. Que ce soit tout au long des côtes algériennes, dans  l’arrière-pays, sur les  Hauts Plateaux, ou encore dans les territoires du Sud. Et en particulier dans la Wilaya de Tizi-Ouzou, où le tissu d’entreprises est très dense, la culture et la pratique entrepreneuriale sont, là-aussi,  réelles. J’ai pu m’en rendre compte très concrètement, lors de la rencontre et de la visite de 7 entreprises le 23 mai dernier. Des entreprises présentes dans des activités très diverses, petites et grandes : agro-alimentaire, équipements agricoles, électronique pour le bâtiment, textile-habillement, transformation plastiques pour l’automobile, briqueterie, ou encore un établissement hospitalier spécialisé. Des dirigeants engagés, des équipes faisant corps avec leurs entreprises.

Je pourrais aussi citer l’artisanat, une grande richesse de votre région. Au cours de ma première venue en février dernier,  j’ai pu ainsi rencontrer, au sein de la Maison de la Culture, des artisanes et des artisans passionnés par leurs métiers, et concevant et produisant des produits de grande qualité, que ce soit  dans les domaines de la vannerie, de la bijouterie, de la poterie ou encore de  l’habit traditionnel. Des femmes et des hommes de toutes les générations, permettant ainsi une transmission des savoir-faire et leurs évolutions.

C’est donc à partir d’une connaissance des entreprises, de l’Université, des organismes d’intermédiation avec le monde de l’entreprise, qu’il est possible, dans une seconde étape, de définir avec eux  des axes possibles de coopération, puis des projets, en partant des attentes, des besoins, des compétences du territoire. Et bien sûr en relation étroite avec les autorités territoriales,  et en particulier le Wali et le ministère de l’industrie. Nous avons, ensemble, engager un processus collectif de travail. C’est un point fondamental, si nous voulons travailler dans la durée, et avec efficacité.

Tiwiziinfo.com :  Quelle(s) lecture(s) faites-vous des principales interventions des chercheurs et des jeunes investisseurs lors des débats qui ont suivi votre conférence d’aujourd’hui?

J’ai eu l’honneur d’intervenir dans ce très bel amphi de l’Université de Tizi-Ouzou, à l’invitation de Monsieur le Recteur, Ahmed Tessa. La première chose qui m’a marquée, est le fait que les immenses murs de cet amphi semi-circulaire, étaient couverts de représentations de grands scientifiques (Einstein, Marie Curie, Freud, etc). Rappeler ainsi l’universalité de la science, et du progrès scientifique au service de la Société, m’a vraiment touché, a fortiori pour moi, qui suis de formation universitaire. Ensuite la présence d’étudiantes et d’étudiants, de doctorants, de responsables et membres des différents laboratoires de recherche de l’Université, et de nombreux entrepreneurs de la région.

Une grande attention, une grande tenue, des interventions claires, pertinentes, révélant ainsi la qualité des chercheurs, de leurs travaux, de leurs réussites, des problèmes qu’ils rencontrent, des projets de coopération avec des collègues de diverses universités et organismes de recherche français. Les liens sont là, à la fois professionnels et très cordiaux. Et des projets en devenir, et donc un fort potentiel de coopérations à co-construire pour demain.

Et aussi des entrepreneurs,  de toute génération, souhaitant développer des coopérations dans des domaines très variés ; nous avons parlé aquaculture, transformation des massifs forrestiers, agroécologie, construction navale, nouveaux matériaux,  développement d’incubateurs dans les énergies renouvelables, création de start-ups en matière de robotique, d’électronique avec de jeunes chercheures et chercheurs, etc. Donc de quoi faire !

Tiwiziinfo.com :  Il se dégageait clairement un grand engouement chez les investisseurs locaux et les chercheurs de l’université de Tizi-Ouzou pour des partenariats avec la partie française. Qu’en est-il du coté français ?

Tout d’abord, des opérateurs français continuent d’investir dans la Wilaya ; pour parler du présent et du futur, le groupe français Schneider Electric, va créer à Tizi-Ouzou, un centre d’excellence, de formation aux métiers des automatismes industriels, des composants déterminants pour accroître la performance des flux de production et l’efficacité des sites de production. Ce sont des dizaines de jeunes qui en bénéficieront, et sur des équipements du groupe français. Citons aussi l’entreprise OXO, implantée à Cluny, près de Lyon, spécialisée dans le domaine de l’extrusion du profité PVC et l’assemblage des fenêtres et portes fenêtres en PVC à hautes performances thermiques. Rachetée par le groupe Cevital en 2013, qui a construit un premier site de production à BBA et un autre qui verra le jour à Tizi-Ouzou. La question du foncier est déjà je crois réglée.

Avec le processus de travail que nous sommes en train de construire, il nous sera possible ensuite dans un second temps de mobiliser des entreprises, des universités, des collectivités territoriales françaises. Dans cette perspective, un comité de pilotage a été mis sur pied. Il réunit, sous l’autorité du Wali et présidé par le directeur du ministère de l’industrie, l’ensemble des organismes en relation avec le monde de l’entreprise, et l’Université. Sa mission est de susciter et d’accompagner de nouvelles dynamiques de coopération économique algéro-française dans la Wilaya de Tizi-Ouzou.

Une enquête a déjà été réalisée ces derniers mois, auprès du tissu d’entreprises locales et 122 responsables d’entreprises ont répondu. Les domaines de coopération souhaités sont respectivement : le développement de produits, l’assistance technique et la formation, et l’exportation.

Il s’ agit maintenant, tout en élargissant cette enquête et en réunissant ces entreprises par domaines d’activité par le ministère de l’industrie de la Wilaya d’ici l’été, de préparer avant la fin de l’année, une Journée de la coopération algéro-française territorialisée, en partant du travail accompli, et en mobilisant côté français des collectivités territoriales (je pense par exemple à la Roche-sur Yon, jumelée avec la ville de Tizi-Ouzou, et où de nombreuses PME sont présentes), des entreprises françaises, des universités (à commencer par celles avec lesquelles travaille déjà l’Université de Tizi-Ouzou). Si nous pouvons mettre à profit cette Journée pour finaliser des accords de coopération entre entreprises des deux pays, ce serait très bien.

Tiwiziinfo.com :  Les interventions laissaient transparaître que c’est la confiance et l’expertise qui attirent les partenaires locaux vers la partie française. Qu’en pensez-vous, M. Levet ?

Nous savons toutes et tous, qu’une coopération dans la durée ne peut se construire que dans la confiance. Mobiliser les compétences de part et d’autre en constitue un autre facteur clé de succès.

Tiwiziinfo.com :  Lorsque vous dItes Co-innovation, vous touchez à la fibre sensible des chercheurs et autres porteurs d’idées. Nos créanciers financent rarement les idées. Est-ce que (et comment selon vous) ce partenariat peut combler cette faille ?

Précisément, comme je l’évoquais précédemment, dans le cadre de ma Mission (qui elle-même s’inscrit dans le cadre de la « Déclaration de coopération et d’amitié », signée en décembre 2012 par nos présidents respectifs) , je milite pour des stratégies et des coopérations industrielles, technologiques, de co-innovation.

C’est en innovant ensemble entre universités, entre entreprises et entre universités et entreprises, que la coopération entre nos deux pays prend tout son sens.  Si nous sommes géographiquement face à face, nous devons travailler, créer, innover, côte à côte.

Par La rédaction de Tiwizi info

Les produits du terroir de Kabylie ont besoin d’un laboratoire de certification

La diaspora peut-elle se charger de son importation

L’huile d’olive, la figue, la grenadine, la vigne, la figue de barbarie et beaucoup d’autres produits de l’agriculture locale peuvent être exportés à partir de Tizi-Ouzou. Le produit du terroir est un gisement d’argent pour les villages de toute la Kabylie. Ils pourraient même constituer une véritable vocation agricole en parfaite harmonie avec l’activité du tourisme. Mais hélas, le passage à la commercialisation passe obligatoirement par l’organisation de ces filières et surtout l’existence d’un laboratoire de certification. Deux conditions qui n’existent pas encore.
Pour illustrer ce problème épineux, on peut citer le cas de l’huile d’olive de Kabylie. Le but est de sensibiliser les concernés et surtout de lancer un débat parmi nos lecteurs pour de nouvelles idées qui permettent de trouver des solutions et impulser une nouvelle dynamique dans ce gisement en or mais qui restent inexploités.
En effet, la norme internationale de commercialisation d’huile d’olive imposée par le COI (Comité Internationale d’Olive) est de 0,1 à 1%. Mais l’huile d’olive de Kabylie dépasse en général de loin ce taux d’acidité. A l’international, notre huile est considérée comme lampante bien que sa notoriété en Algérie est incontestable. Pour baisser ce taux d’acidité, les services de l’agriculture font beaucoup d’efforts sur le terrain mais sans parvenir à cause d’obstacles souvent d’ordre sociologique et technique.
En effet, la nature foncière de la terre caractérisée par un fort morcellement fait que chaque famille possède quelques oliviers. Un phénomène qui rend le travail de sensibilisation des techniciens très difficile. Les conditions de récoltes et de stockage sont derrière ce taux d’acidité élevé mais les campagnes de sensibilisation ne réussissent pas à cause de ce trait de la sociologie locale.
Toutefois, le plus grand obstacle reste l’absence de laboratoire de certification qui permettra de labelliser des produits. Cette technologie peut être acquise de diverses manières. La première est d’attendre que l’Etat dote la wilaya de ce laboratoire, la seconde est que les professionnels s’organisent pour l’importer de leur propres moyens et enfin faire appel à la collaboration de la diaspora nationale et Kabyle pour participer à l’achat de cette technologie. C’est aussi une manière pour nos émigrés d’investir dans leur pays dans une approche gagnant-gagnant.

Par La rédaction de Tiwizi info

INAS célèbre la fin de l’année scolaire 2017-2018 à Montréal.

L’association INAS a célébré, ce samedi 09 juin 2018, la fin de l’année scolaire au centre Humaniste à Montréal. La cérémonie de clôture s’est déroulée dans une ambiance joviale en présence des élèves, de leurs parents et des membres et amis de l’association. Après le mot de bienvenue du président, place est faite aux élèves qui ont présenté un programme artistique riche en chants et musique. La cérémonie est ponctuée par la remise de diplômes aux élèves avant de s’achever par une allocution du Président de l’association qui a souligné l’effort accompli par ses élèves et insisté sur l’importance d’apprendre la langue Kabyle.

Pour rappel, INAS est une association créée en 2009 par des kabyles vivants à Montréal  soucieux de préserver et de transmettre la langue Kabyle à leurs enfants. Au fil des années et grâce à la persévérance de ses membres, INAS est devenue une adresse incontournable pour la communauté Kabyle de Montréal. En effet, après un timide début en 2009, l’association compte actuellement quatre classes d’enfants et une classe d’adultes.

Selon Moussa DJAFER, responsable de communication de l’association, qui a eu l’amabilité de répondre à nos questions : «  INAS est dirigée par un conseil d’administration renouvelable chaque deux ans,  nos membres sont bénévoles et ne ménagent aucun effort pour offrir un cadre d’enseignement adéquat aux élèves. Les cours se déroulent chaque samedi à raison de deux heures par groupe dans les locaux que nous sous-loue le centre communautaire Lajeunesse de Montréal. Les cours sont assurés par des enseignants dévoués qui sont rétribués à même le budget de l’association ».

Moussa précise également, que la formule des cours  s’est vue adaptée à travers le temps afin de la rendre plus efficiente et attrayante aux élèves en privilégiant une savante combinaison entre un apprentissage par le chant et des cours de langue strictement académiques. Cette façon de travailler à donner de meilleurs résultats de l’aveu de notre interlocuteur.

Par ailleurs, Moussa nous informe que le parcours d’INAS est jalonné d’autres réalisations à savoir : Une bibliothèque au service des élèves (Les dons de livres sont les bienvenus) et un journal  « INAS ttarun-tt di Montréal » qui se veut un espace de diffusion de la littérature et de la culture Kabyle. Ledit journal est édité en Tamazight et distribué gratuitement. Les membres d’INAS ambitionnent d’enrichir ce périodique et invitent les personnes intéressées à communiquer avec l’association afin d’alimenter ce journal par des contributions en langue Tamazight (voir les informations sur les contacts en bas de l’article).

Petit à petit et avec l’énorme travail accompli par ses membres, l’association INAS s’est forgé une solide réputation au sein de la communauté kabyle Montréalaise. INAS est devenue une adresse incontournable de la scène culturelle d’ici et nombre de personnalités publiques kabyles lui ont rendu visite lors de leurs passages par la métropole, à l’instar de : Ait-Menguellet, Idir, feu Lounes Khelloui, Zedek Mouloud, Malika Domrane, Si Moh,  Ali Yahia Abdennour, Ferhat Mehni, Ramdane Achab et la liste est longue (Tous ces évènements sont disponibles sur la page facebook de l’association).

Malgré les grandes avancées enregistrées depuis la création d’INAS, notre interlocuteur insiste sur les grands défis à relever surtout en matière de financement des activités de l’association qui restent tributaires des cotisations de ses membres, des frais de scolarité payés pas les élèves et des campagnes de levée de fonds organisées périodiquement par l’association à l’instar des deux galas animés respectivement par Moh Said Fahem et Boudjemaa Agraw.  D’ailleurs, Moussa tient, particulièrement, au d’INAS à remercier chaleureusement tous les artistes ayant répondu favorablement aux campagnes de financement organisées par l’association.

Le travail d’INAS est à saluer à plus d’un titre. Cependant, le manque d’implication d’une grande partie de la communauté kabyle ne facilite pas la tâche. Un manque d’implication certes dû, en partie mais pas seulement, aux réalités socio-économiques auxquels fait face la communauté.

Si INAS apporte sa contribution à l’impérieux devoir de transmission de notre langue et culture à nos enfants, la famille demeure l’espace idéal et naturel pour cet apprentissage. Mais cela n’est pas toujours facile car les enfants fréquentent les crèches trop jeunes ce qui réduit le temps passé avec leurs parents.

À signaler l’existence du programme d’enseignement des langues d’origine (PELO) offert dans les écoles publiques sous certaines conditions (un nombre minimum d’élèves est exigé par cycle dans une même école),  une avenue intéressante là où il est possible de réunir ces conditions.

En conclusion, la réussite de la transmission de notre langue à nos enfants passe nécessairement par la prise de conscience de notre communauté sur l’enjeu et la mise en œuvre de structures et de moyens.

INAS représente, incontestablement, une grande réalisation qui force le respect et admiration. Elle mérite tout notre soutien.

 

Contacts et informations sur INAS :

journal.inas@gmail.com

https://fr-ca.facebook.com/EcoleInas/

 

 

Par La rédaction de Tiwizi info